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Chaque squat est différent. Les pratiques et la théorie
développées par les occupant-e-s dépendent largement des contextes politiques,
socio-économiques, juridiques, inter-relationnel, etc..., mais tout squat
est politique", dans le mesure où il bouleverse, même parfois
involontairement, l'ordre social et la propriété privée.
Le squat est dépendant des espaces laissés à l'abandon
par la bourgeoisie et le système capitaliste en général. Sachant cela,
il ne peut être considéré comme un but, mais tout au plus comme un moyen.
Mais pas n'importe quel moyen.
Le squat peut être un lieu de résistance et d'expérimentation.
En squattant, la recherche d'autonomie permet de rendre certaines de nos
idées effectives. Squatter, c'est prendre une part de l'interdit, c'est
se placer un minimum en rupture au niveau socio-économique. La lutte au
quotidien des squats peut se retrouver ainsi dans des pratiques diverses
: autogestion, gratuité, récupération/recyclage, réquisitions en tout
genre, ouverture sur l'extérieur et confrontation des styles de vie, débats
en tous genres, ...
Cette brochure, écrite collectivement, a pour vocation
de fournir quelques informations nécessaires au "bon"
déroulement de la vie d'un squat, depuis l'ouverture jusqu'à la fermeture.
Elle ne se veut pas exhaustive et c'est à chacun-e d'y apporter les modifications
appropriées.
Repérages des lieux... A priori, le squat dépend de la
juridiction civile, c'est-à-dire un conflit entre deux parties où il n'y
a pas de risque de prison contrairement à la juridiction pénale qui, elle,
peut vous reloger directement derrière les barreaux. Toute preuve démontrant
votre responsabilité dans la fracture d'une porte, fenêtre, etc..., vous
enverrait directement au pénal ; on peut par exemple vous accuser de dégradation
de biens privés ou de vol avec effraction des objets ou meubles qui se
trouvaient dans le lieu avant votre arrivée. C'est pour cela qu'il est
conseillé de toujours dire que quand vous êtes entré-e-s la porte était
déjà ouverte...
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Les repérages se font le plus discrètement possible.
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Choisir de préférence un logement abandonné depuis
plus de 6 mois.
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Ne pas hésiter à faire une petite enquête sur voisinage
et faire un tour aux cadastre (demander à la mairie et à la préfecture)
pour en connaître un peu plus sur le/la proprio. Préférer les instances
d'héritage (problèmes de succession), les propriétés de la ville et/ou
les opérations d'urbanisme en panne (cas les plus en vogue) : les
permis de construire et de démolir sont de plus légalement périmés
au bout de 5 ans. S'il n'y a pas de permis ou s'ils sont périmés,
cela enlève un argument important au/à la proprio dans sa procédure
d'expulsion.
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Placer un bout de papier (ou autre chose) dans
l'embrasure de chaque porte et vérifier régulièrement sa présence.
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Observer le lieu de l'extérieur (prendre en compte
les issues, leur solidité, leur ouverture, etc...) et observer s'il
est bien vide (s'il y a du passage).
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Repérer les lieux plutôt en semaine en fin d'après
midi (les vacances et jours fériés sont des trompe-l'oeil étonnant
quant à l'habitation d'un lieu...).
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Il est souvent plus sûr de visiter les lieux avant
l'ouverture définitive du squat. Cela permet d'obtenir des informations
sur l'état des planchers et murs, des systèmes d'eau et d'électricité,
et sur le barricadage futur du squat (prendre les mesures pour serrures
et matos de barricadage). Si vous vous faîtes prendre à visiter
un lieu, prévoyez une excuse bidon (SDF, pari débile entre jeunes
débiles, etc...).
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Il n'est pas inutile de prendre en compte l'espace
disponible dans les lieux en fonction du nombre de futur-e-s squatteuses/eurs.
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A éviter : Les logements meublés, les lieux
avec matériel informatique, ... risque de poursuite pour violation
de domicile, dégradation volontaire et vol (délit relevant du pénal).
Si vous avez rapidement la visite du/de la proprio ou
de la police et qu'il n'y a pas de trace d'effraction, précisez que vous
êtes là depuis plus de 48 heures (même si c'est faux). Sachant que cet
argument n'a aucune valeur juridique mais que les keufs ont plus ou moins
l'habitude de l'entendre, il peut jouer dans la confrontation orale avec
eux/elles. Il vous faudra donc prouver que le lieu que vous habitez est
votre domicile depuis plus de deux jours, à savoir que cette preuve ne
vaut rien si l'expulsion est imminente. De façon générale, il est important
de rester flou et de divulguer le moins d'infos (identités, nombre d'habitant-e-s,
piratages éventuels, points faibles du lieu, ...) que ce soit aux keufs,
aux huissiers, au/à la proprio, aux voisin-e-s ou aux gens de passage.
Méfiez-vous si keufs/huissiers/proprio veulent "entrer pour discuter",
il vaut mieux garder ses distances avec ces gens là... Ne les laissez
pas entrer !
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Réparer tout dommage matériel causé aux portes,
fenêtres... pour amoindrir les risques d'uns procédure de flagrant
délit.
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Penser à apporter de l'eau, de la nourriture, des
sacs de couchage (+ couvertures en cas de grand froid), de la lumière
(lampe de poche, bougies, allumettes, ...).
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Poser immédiatement un verrou et barricader les
entrées potentielles du lieu (les cas de visites incongrues sont plus
nombreux qu'on le croit). Débarrassez-vous des vieilles serrures,
ça pourrait être compromettant...
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Une enveloppe timbrée (donc datée) à vos noms et
nouvelle adresse servira de preuve (le cachet de la poste faisant
foi) de domiciliation. N'hésitez donc pas à vous envoyer du courrier
et surtout à le réceptionner (installez pour cela un boîte aux lettres
qui soit visible). Avant toute chose, parlez régulièrement à votre
facteur/factrice pour l'informer de l'existence de nouveaux occupant-e-s/récepteurs/trices
dans son secteur. En cas de difficulté avec la Poste ou si vous souhaitez
des courriers antérieurs à votre arrivée, vous pouvez vous écrire
à une autre adresse au crayon de papier et modifier, après réception,
l'adresse sur l'enveloppe au stylo... mais quoi qu'il arrive cela
ne constitue par une preuve formelle.
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Vous pouvez fêter votre installation dans les lieux
(après quelques jours) mais respectez le voisinage ; trop de bruit
sans avoir rencontré le voisinage au préalable est risqué et pas très
bon pour vos futures relations dans le quartier (plaintes aux flics).
Si vous choisissez l'option "fête après ouverture",
pensez à en informer le quartier à l'avance par affiches, tracts,
banderole sur le squat, etc...
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Le témoignage de soutien (écrit) des voisin-e-s
peut être également une preuve de votre présence dans les lieux.
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Une facture (Télécom, EDF, eau) reste la meilleure
preuve de domiciliation ainsi que des papiers d'identité (factures
à l'adresse du lieu et/ou convocation de procès pour le lieu).
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Le passage de la police (main courante) dans la
rue date officiellement votre entrée des les lieux (ne jamais
ouvrir la porte à un flic est la règle d'or). En général, elle passe
à partir du moment ou elle a connaissance de l'existence du squat
(banderole, tract, plainte des voisins, dénonciations). Parfois, les
flics sont particulièrement énervés et tentent l'intimidation par
différents moyens (coups dans les portes, pied de biche, lacrymo,
...), à vous de résister en feignant le dialogue et en imposant les
informations que vous voulez bien leur laisser.
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Dès lors, la police procède souvent à une enquête
de quartier, elle peut inciter les voisins les plus proches à porter
plainte contre vous. De même ils vont examiner les possibilités de
pénétrer dans le squat ; c'est pourquoi il faut absolument être vigilant
par rapport aux ouvertures diverses (soupiraux, portes, fenêtres)
que vous devez rapidement barricader, de manière à tenir lors d'un
passage de la police ou de vigiles et serruriers. Au mieux les brigadiers
vous poseront quelques questions de routine : qui vous êtes (association
ou non), combien vous êtes, depuis quand vous êtes dans les lieux,
s'il y a des familles, des enfants en bas âge, quelles professions
vous avez, quels sont vos noms, etc... Vous n'êtes évidement pas obligé-e-s
de leur répondre car seul l'huissier est habilité à prendre vos noms
et à entrer dans les lieux (et encore, ceci dépend de votre bon vouloir)
; pour des questions de tranquillité vous pouvez toutefois leur répondre
de manière vague et donner un délai d'occupation supérieur à 48 h.
et ne pas donner de nom (selon ce qui vous semble être le plus judicieux).
Cela ne constitue en rien une garantie de non harcèlement de leur
part. Suite à ce premier contact, les policiers vont de toute façon
chercher le/la proprio et lui signaler l'occupation, et même le pousser
à déposer plainte et à engager une procédure rapide. Moins la police
aura d'informations, moins le/la proprio en saura sur vous, et si
vous n'avez pas donné de nom, le/la proprio devra mandater un huissier
pour cela (vois après).
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Quand l'huissier passe, donnez lui des noms (des
vrais et des faux si vous voulez paraître plus nombreuses/eux sans
mouiller vos ami-e-s) pour pouvoir suivre l'affaire en justice. L'huissier
peut demander l'aide de la police pour avoir les noms des occupant-e-s.
- Eau et électricité à tous les étageshaut
Dans la mesure du possible, essayez d'installer (ou de
réinstaller) l'eau et l'électricité par vous-mêmes. Mais, gare aux coupures
! En cas d'intervention, réagissez, ne vous laissez pas faire et installez
un rapport de force pour les empêcher de vous couper. Au terme des cahiers
des charges de distribution publique d'énergie électrique, le concessionnaire
E.D.F. est tenu de fournir l'électricité à toute personne qui demande
à contracter un abonnement sans la justification de l'occupation légale
des lieux par le/la proprio.
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En premier lieu, toutes les irrégularités que pourraient
constater les agents techniques ne sont pas de votre fait, c'était
comme ça quand vous êtes arrivé-e-s...
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Par exemple, commencez par les télécom, faites-vous
installer le téléphone, ce sont généralement les plus accommodants.
Faites la démarche par téléphone en disant que vous ne pouvez vous
déplacer à cause de votre travail, ce qui vous évitera de présenter
vos papiers. Vous voilà bientôt possesseur d'une quittance de téléphone,
le contrat ne suffit pas pour la procédure judiciaire (il faut la
première facture), qui sera du meilleur effet pour vos futurs rapports
avec les administrations (y compris E.D.F.-G.D.F.). Mais attention,
les refus de la part des administrations ne sont pas rares.
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Pour E.D.F., il est bon de connaître le nom de
l'ancien abonné. On peut procéder à la demande par téléphone, en cas
de refus, présentez votre facture télécom. Si vous n'en possédez pas
il est bon de rappeler que le rôle de E.D.F.-G.D.F. n'est pas de se
substituer à la justice et donc de décider de la légalité de votre
installation dans les lieux. Vous pouvez tenter de présenter un certificat
médical attestant de la nécessité pour vous de posséder l'électricité,
de même vous pouvez jouer sur la présence d'enfant en bas âge. Nous
n'insisterons jamais assez pour dire que l'électricité est devenue
vitale de nos jours et qu'un refus d'E.D.F. légitime un branchement
sauvage. N'hésitez pas à occuper les locaux d'E.D.F., qui eux sont
bien chauffés, jusqu'à installation. E.D.F. tient beaucoup à son image
de marque et l'action directe peut parfois remuer une non-décision
stagnante.
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Il est grandement recommandé d'éviter d'utiliser
d'utiliser le système au gaz si l'immeuble est resté vide depuis des
années (ou alors, vérifiez sérieusement l'état des conduits et du
système).
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Pour l'eau, utilisez les mêmes procédures. L'eau
étant reconnue comme vitale, en cas de refus, demandez à la mairie
(préfecture) l'installation d'un point d'eau à disposition (bec de
cygne) ou attaquez-vous à la compagnie dont vous dépendez (Régie municipale,
C.G.E., Lyonnaise des eaux, S.A.U.R. (Bouygues)), elle sera ravi de
découvrir de nouvelles et nouveaux client-e-s après réflexion négociée
: accepter l'idée du contrat nominatif semble alors indiscutable (l'idéal
serait un contrat sans nom mais ceci est quasi impossible) et surtout
sans payer les travaux préalables.
Dans tous les cas de conflits, résistez aux pressions
diverses (vigiles, proprio, serruriers, policiers, etc...). Essayez la
diplomatie, la ruse, la menace (pas toujours conseillée...), l'ironie,
mais n'oubliez jamais que la porte était ouverte lors de votre arrivée.
Personne n'a le droit d'entrer chez vous sans l'autorisation d'un juge,
mais même sans autorisation, les keufs ou les vigiles ne se gêneront pas
pour défoncer votre porte (et vos têtes, en cas de vigiles - qui sont
rarement pacifiques) pour finalement vous virer.
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Il faut savoir que l'occupation illicite est un
délit permanent ce qui signifie que chaque jour d'occupation est un
flagrant délit. Les procédures judiciaires prennent plusieurs formes.
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La plus mauvaise pour les squatteurs/euses est
celle de l'ordonnance sur requête qui est en fait un jugement non
nominatif et non contradictoire, c'est-à-dire que l'on vous juge sans
votre présence, sans votre avocat (que vous avez évidemment contacté
avant même le procès) et sans même que vous soyez au courant. De plus
les appels et requêtes contraires sont non suspensives c'est-à-dire
que pendant le jugement vous êtes expulsable ; à cela suffisent les
signatures du juge, du/de la proprio et du/de la préfet-e, voire du
maire pour appuyer l'expulsion. Contre cette procédure, quelques tuyaux:
- Relevez des témoignages de quartier, ayez au moins un contrat (télécom,
...) nominatif
- Pour vous attaquer en référé, le/la proprio doit d'abord connaître
votre vrai nom. Évitez donc de l'afficher inconsidérément même si
vous finirez par lui donner (histoire de retarder un peu l'échéance
et d'être au courant du passage de l'huissier). Il lui faudra passer
par un huissier pour découvrir votre patronyme.
- Si ce dernier se présente à votre domicile sans l'autorisation d'un
juge de grande instance, vous êtes en droit de l'envoyer paître (s'il
possède une autorisation pour "requête afin de constat",
il pourra être suivi du commissaire de votre quartier et très souvent
d'un serrurier).
A partir du moment où le/la proprio est en possession
de votre nom, il peut vous attaquer devant un tribunal. Il vous sera alors
remis une assignation en justice (en main propre ou à aller chercher à
la mairie) que vous devez lire avec attention pour vérifier la validité
de l'adresse et des noms qui y sont portés (une erreur à ce niveau devrait
faire repartir la procédure à zéro, ou pour le moins vous faire gagner
du temps). Le but du jeu pour vous étant de rester le plus longtemps possible,
faites traîner l'affaire...
Une fois assigné-e en justice, si vous gagnez moins de
725.35 Euros (4758F), vous avez droit à l'aide juridictionnelle (procédure
assez longue) qui devrait vous permettre d'obtenir un report de votre
procès. Pour cela, déplacez-vous au bureau d'aide juridictionnelle de
votre département pour y faire la demande, on vous y remettra un récépissé
que vous devez présenter lors de l'audience, ce qui dans la pratique devrait
valoir un avocat, ou un remboursement des dossiers de n'importe quel-le
avocat-e que vous auriez choisi-e, ainsi qu'un report d'une quinzaine
de jours. Surtout, présentez-vous à l'audience. Soyez "diplomate"
dans la limite du possible. Par exemple si vous avez préalablement fait
une demande de logement (cela étant très conseillé car prouve votre bonne
foi) à la mairie (renouvelable périodiquement), faites-le valoir, de même
si vous avez proposé de l'argent au/à la proprio (d'où la lettre recommandée).
Vous pouvez également donner les photocopies des papiers prouvant vos
difficultés à vous reloger par vous-mêmes (petits revenus, allocations,
RMI, ...).
Avant le procès, vous pouvez proposer un accord à l'amiable
au/à la proprio. Si vous arrivez à prouver que vous aviez déjà un accord
avec le/la proprio (donc juridiquement, vous ne squattez pas) le juge
devra se déclarer incompétent et renvoyer l'affaire devant le tribunal
d'instance, ce qui sera encore plus long.
- Les suites du jugement... puis l'expulsionhaut
Le jugement en référé (la plus courante des procédures
contre les squatteuses/eurs) sera rendu le jour même ou dans les jours
qui suivent l'audience et devra vous être signifié par l'huissier. En
ce cas il est intéressant de rajouter au dossier des faits nouveaux (de
nouvelles et nouveaux arrivant-e-s) pour essayer d'obtenir un report d'audience
et donc plus de temps.
Deux cas se présentent alors:
- Si aucune date n'est spécifiée vous bénéficiez d'un délai de deux
mois à compter de la date du résultat.
- Si le jugement vous précise que vous ne bénéficiez pas de ces deux
mois, vous êtes donc expulsables à compter de l'expiration de la date
fixée par le juge
Au terme du délai initial l'huissier peut se présenter
chez vous pour récupérer les lieux sauf cas de résistance de votre part.
Auquel cas le proprio devra faire un requête auprès du commissaire et
du/de la préfet-e (de police) pour pratiquer l'expulsion. Le/la proprio
ne pourra faire appel au flics qu'une fois passée la période de deux mois
(ou la date fixée par le/la juge) qui suivent le jugement. Le/la proprio
devra également envoyer le jugement au/à la préfet-e pour qu'il/elle étudie
la possibilité de vous reloger (loi Besson) si vous avez préalablement
fait une demande de logement. L'huissier n'a absolument pas le droit de
vous expulser et ne peut récupérer les lieux que si vous les avez abandonnés
(en clair, s'il n'y a personne chez vous). Le premier jugement d'expulsion
est "exécutoire" et faire appel ou demander des délais
n'est passuspensif
C'est au/à la préfet-e de décider de l'expulsion forcée,
pour cela il/elle demande au/à la commissaire du quartier de faire une
enquête sur les conséquences de celle-ci. Lorsque vous sentez que l'expulsion
se prépare, vous pouvez appeler la préfecture pour soutirer des infos
sur l'état de la procédure (sachant que celle-ci prend au moins deux mois).
Le/la proprio à l'obligation de garder les affaires du
squat à disposition. Pour ce, vous faites l'inventaire avec un huissier
puis elles sont placées en garde-meuble gratuitement (aux frais du/de
la proprio) pendant deux mois où elles sont censées êtes à votre disposition.
NB : Juridiquement la trêve hivernale (du 1er novembre
au 15 mars) ne concerne plus les squats, mais une tolérance existe plus
ou moins... |